Avec pour objectif premier de faciliter l’accès du lecteur au contenu, cette deuxième refonte du Petit Robert a aussi visé à augmenter la modernité et la richesse de son contenu :
- plus de 500 mots et 700 sens nouveaux
- de très nombreux mots de la francophonie et des régionalismes de France
- plus de 1 600 exemples inédits
- 400 locutions et expressions récentes
- 1 500 nouvelles citations
- 130 nouveaux auteurs cités pour la première fois dans Le Petit Robert
- 1 000 renvois analogiques supplémentaires
Pour servir ce contenu et pour un meilleur confort de lecture, le format de l’ouvrage est agrandi. Une nouvelle présentation guide le lecteur dans son parcours et facilite sa recherche.
Sous l’impulsion du Comité éditorial qui a déterminé les grands axes de cette refonte, toutes les compétences de la maison ont été mobilisées.
Entre autres, le service documentation, observatoire de néologismes, d’emplois nouveaux dans la littérature, la presse ou Internet, la lecture-correction, l’informatique, l’artistique… Pilotée par Marie-Hélène Drivaud, l’équipe de rédaction qui a travaillé à cette refonte, est composée de rédactrices riches d’une longue expérience au sein du Robert. Parmi elles, Marie-José Brochard, spécialiste des étymologies, a collaboré au Dictionnaire historique de la langue française et au récent Dictionnaire culturel en langue française, sous la direction d’Alain Rey. Sophie Chantreau, Marie-Hélène Drivaud et Laurence Laporte ont notamment œuvré sous la direction de Josette Rey-Debove et d’Alain Rey, à la première refonte du Petit Robert en 1993.
Chaque année Le Petit Robert fait l'objet d'une mise à jour, qui consiste notamment à introduire des mots et des sens récents repérés dans l'actualité. L’évolution de la langue se manifeste également dans les nuances et les contextes d'emploi, dans les expressions et les locutions.
La refonte pour 2007, par l’ampleur des ajouts effectués, produit un dictionnaire vraiment nouveau.
Depuis son irruption dans les années 60, l'informatique apporte régulièrement son lot de nouveautés, singulièrement augmenté depuis l'apparition d'Internet et des nouvelles technologies de communication.

La médecine, la biologie, la chimie progressent, on parle davantage des maladies rares, la génétique nous concerne tous. Le dictionnaire a un rôle pédagogique à remplir dans ces domaines scientifiques.

Il s'agit également de mots quotidiens, courants. Ainsi, le domaine de l'alimentation illustre la variété des sources du français. Les traditions culinaires des terroirs de France, des pays voisins ou éloignés, deviennent familières ; la présentation des aliments évolue…

La politique, les institutions, notamment celles de l’Europe, se traduisent par des mots et sens nouveaux.

La sécurité, l'environnement sont des préoccupations récurrentes qui se lisent dans le vocabulaire.

L’avenir de la planète nous mobilise.

Depuis plusieurs années, la recherche du bien-être, de la santé par des moyens naturels se poursuit.

Les loisirs fournissent leur contingent de nouveautés.

Les mots et sens familiers, voire incorrects, font partie de la description de la langue.

Les jeunes, par leurs modes, participent à l’évolution de la langue.

Le Petit Robert s’est toujours attaché à décrire les expressions et locutions qui représentent la partie la plus vivante de la langue et témoignent de son inépuisable créativité. De nouvelles expressions apparaissent sans cesse ; Le Petit Robert s’en fait l’écho.
Des expressions très courantes :
La ride du lion ; effet domino, effet papillon, le travail du deuil, devoir de mémoire, l’argent facile, le maillon faible, grand frère (banlieues), vin au compteur, témoin assisté, feuilleton judiciaire, l’année de tous les dangers, pompe à fric, la nation arc-en-ciel, un petit coin de ciel bleu…
De nombreuses locutions familières :
Être à l’ouest, se la péter, avoir la banane, tirer la gueule (la tronche), avoir la rage, la niaque, être coiffé avec un pétard, se prendre la tête avec quelqu’un, jouer perso, en remettre une couche, se faire un film (dans sa tête), faire chauffer sa carte de crédit, faire genre, faire le minimum syndical, pédaler à vide, se monter la tête, se prendre une banane, n’en n’avoir rien à battre, prendre un râteau, se faire tirer la peau, mettre un enfant en route, coûter bonbon, pour des queues de cerise, point barre…
Des locutions-phrases, exclamatives ou empruntées à la langue orale :
Cherchez l’erreur ; À votre bon cœur ! ; Je te prête mon stylo, mais il s’appelle reviens ; C’est bon pour ce que t’as ; Il y a qu’à demander ; C’est plié « l’affaire est entendue, c’est réglé » ; Bien vu !
Certaines ont même acquis le statut de proverbe :
Ce qui est fait n’est plus à faire, On n’a rien sans rien, L’histoire repasse les plats, Il n’y a pas de justice, Il n’y a pas mort d’homme, La meilleure défense c’est l’attaque, Ailleurs l’herbe est plus verte.
Forgé par le lexicographe, l’exemple montre le mot en situation dans son fonctionnement normal, sa place dans la phrase, ses variations morphologiques (féminin, pluriel, formes conjuguées).
L’ensemble des exemples d’un dictionnaire, la phraséologie d’une époque, renseigne sur une société, ses valeurs.
Des centaines d’exemples sont ajoutés dans cette édition :
Ils sont les témoins du monde contemporain :
Agriculture Agriculture intensive. Agriculture raisonnée, biologique.
Compulsif Trouble obsessionnel compulsif (TOC).
Coût Compagnie aérienne à bas coût.
Discrimination Discrimination à l’embauche. Lutte contre les discriminations.
Donneur Donneuse d’ovocytes.
Dumping Dumping fiscal (…)
Exclusion Lutte contre l’exclusion. Exclusion et fracture sociale.
Liste La liste noire des compagnies aériennes.
Logiciel Logiciel libre ; logiciel gratuit.
Partenaire Partenaire stable, occasionnel. Partenaires multiples.
Pile Pile au lithium, pile saline.
Régime Régime crétois, méditerranéen (…)
Souris Souris à boule. Souris sans fil. Souris optique.
Surtaxer Numéros de téléphone surtaxés.
Téléphone Téléphone fixe.
Certains sont commentés :

« Un dictionnaire sans citation est un squelette » estimait Voltaire. Le Petit Robert, par ses citations, témoigne de la richesse, de la vitalité et de la diversité de plusieurs siècles de littérature en langue française. L’édition 2007 a été enrichie de plus de 1 500 nouvelles citations.
Les auteurs classiques
- « Qu'est-ce que c'est "être un homme" ? Si c'est être courageux, je le suis. Viril aussi. Égoïste, aussi » SAGAN
- « Messieurs, la liberté de presse est la garantie de la liberté des assemblées » HUGO
- « Toute loi que le peuple n'a pas ratifiée est nulle ; ce n'est pas une loi » ROUSSEAU
Les écrivains contemporains
- « Une baston d'enfer. Coups, strangulation, hémorragie » IZZO
- « Ils n'insistent pas pour me serrer la main, c'est sûr, un bidasse, ça craint » A. GAVALDA
- « Les bidonvilles contaminent le cœur de la ville, tumeurs cancéreuses » N. BOURAOUI
- « T'as l'intention de me tirer la tronche pendant combien d'années, comme ça ? » A. NOTHOMB
Les scientifiques et les artistes
- « L’évolution récente va vers la matière molle : les polymères, les détergents, les cristaux liquides qui en sont les formes les plus visibles autour de nous »
P.-G. de GENNES - « L'angle droit est comme l'intégrale des forces qui tiennent le monde en équilibre » LE CORBUSIER
- « La face ne ment point : c'est le miroir du cœur » MATISSE
Les chansons et les dialogues de films
- « J's'rai content quand tu seras mort Vieille canaille » GAINSBOURG
- « Il y a de l'orage dans l'air. Il y a de l'eau dans le gaz entre le jazz et la java » NOUGARO
- « Je mens de temps en temps, quoi, des fois je leur dirais des choses qui seraient la vérité, ils me croiraient pas... Alors je préfère dire des mensonges » F. TRUFFAUT, Les 400 coups, film
- « Quand j'entends le mot culture, je sors mon carnet de chèques » GODARD,
Le Mépris, film
De nombreux auteurs font leur apparition dans Le Petit Robert.
- Des écrivains : Christian Bobin, Louis Calaferte, Régine Deforges, Agnès Desarthe, Dominique Fernandez, Alice Ferney, Edmond Jabès, Pascal Lainé, Richard Millet, Marie Ndiaye, Irène Némirovsky, Jude Stéfan…
Mariama Bâ (Sénégal), Henri Bauchau, Béatrix Beck et Jacques Sternberg (Belgique), Malcolm de Chazal (Maurice), Ahmadou Kourouma (Côte d’Ivoire), Marie Laberge (Canada), Abdourahman Waberi (Djibouti), Joseph Zobel (Martinique)…
- Mais aussi de nombreux scientifiques (Boris Cyrulnik, Françoise Dolto, Théodore Monod, Hubert Reeves…), des explorateurs (le commandant Cousteau, Isabelle Eberhardt…), des artistes célèbres (Georges Braque, Philippe de Champaigne, Fernand Léger, Picasso…), des cinéastes, architectes, compositeurs… ou encore des artistes de variétés (Guy Béart, Guy Bedos, Alain Souchon, Jean Yanne…).
Les très nombreux renvois sont « des liens de synonymie et d’antonymie ou des fils multiples que la simple logique tresse entre les mots » (Paul Robert, préface du Petit Robert, 1967).
Ces fils forment un vaste réseau, reliant les mots entre eux à la manière d’un hypertexte. Ils permettent au lecteur de passer d’un mot à ses synonymes, d’une idée à l’autre, du connu à l’inconnu, du courant au familier, du général vers le particulier.
Cette année, plus d’un millier de renvois supplémentaires ont été intégrés, venant enrichir le réseau analogique existant.
Les renvois permettent de passer :
- du mot général au terme particulier :

- du registre de langue « neutre » au registre familier :

- et au registre le plus moderne :

- du français « central » au français régional en découvrant les dénominations locales :


L’étymologie : l’origine des mots
L’étymologie a pour rôle de révéler l’origine des mots et de raconter leur histoire.
Le français s’est constitué de nombreux apports extérieurs : très peu de fonds gaulois, héritage du latin et du francique, emprunts au latin et au grec, à l’italien, à l’anglais, à l’allemand, au russe, et à des langues plus lointaines…
Aujourd’hui la langue des jeunes, la langue familière, celle des internautes sont également un vivier d’innovations : teufeur a été formé sur teuf, verlan de fête ; blog a donné bloguer…
Dans cette nouvelle édition 2007 du Petit Robert de la langue française, la présentation de l’étymologie est plus explicite, plus claire, plus lisible.

Les régionalismes
Le français se colore diversement selon les régions de la France ou selon les pays francophones et crée des mots, sens, expressions et locutions inconnus du français « général ».
De nombreux mots ont été ajoutés :
- croustilles, au Québec, permet d’éviter l’anglicisme chips ;
- le grimpion suisse est un drôle d’oiseau, c’est un arriviste ;
- la chocolatine du sud de la France et du Québec est un pain au chocolat ;
- aux Antilles, la chayotte, une sorte de courge, s’appelle christophine ;
- en Belgique comme au Québec, le dessous-de-plat est un sous-plat ;
- en Afrique, préparer signifie «faire la cuisine» …
- aux nombreux synonymes de bavarder en français, on ajoute placoter et jaser du français du Québec ;
- le Français s’empêtre ou trébuche là où le Suisse s’encouble et le Québécois s’enfarge.
- s’enfarger dans les fleurs du tapis « se laisser arrêter par la moindre difficulté » se dit au Québec de même que chanter la pomme à quelqu’un « chercher à lui plaire ».
Certains mots, vieux, vieillis ou disparus du français de France, sont bien vivants en d’autres terres francophones et dans certaines régions de France.
- C’est le cas de jaser, de épeurer, de encanter « vendre aux enchères » (Québec), de grafigner « égratigner », très largement répandu (sud, sud-est de la France ; Québec, Louisiane, Haïti).
- Les mots abrier « recouvrir », achaler « ennuyer », chambranler « chanceler », garrocher « lancer »… sont utilisés à la fois dans l’ouest de la France, au Québec, en Acadie et en Louisiane.
- Les mots appondre « joindre », cayon « porc », cheni « désordre », dix-heures
« collation », rampon « mâche » sont communs au français du Sud-Est et au français de Suisse.
La maquette du Nouveau Petit Robert a été entièrement repensée pour augmenter la lisibilité et faciliter l’accès au contenu.
- des entrées plus faciles à repérer dans les pages,
- jalonnant l’article, des numéros de sens plus visibles,
- des abréviations développées,
- la mise en valeur typographique des locutions,
- et, pour les articles les plus complexes, des plans clairement commentés.
La nouvelle typographie donne au lecteur un meilleur confort de lecture et lui permet de trouver plus facilement ce qu’il cherche.
- Les entrées, en capitales grasses, sont immédiatement repérables.
- Les différents sens, numérotés, apparaissent clairement.
- Les renvois sont mis en valeur.
- Les citations se détachent nettement dans le texte, le nom de l’auteur est facile à identifier.

- La mise en valeur des plans et l’ajout d’intertitres facilitent la lecture des articles les plus longs. La nouvelle maquette dégage et rend apparente la structure de ces articles pour donner un accès plus rapide à l’information recherchée.
- Des grandes divisions de sens et des titres ont été créés pour guider le lecteur. Les titres ajoutés matérialisent la structure. Rendues plus visibles, les grandes articulations du texte sont soulignées et mises en relief.
- Au total, 600 articles ont été pourvus de plans et de titres.

Restant dans un format maniable, Le Nouveau Petit Robert grandit pour offrir des pages plus aérées et une meilleure lisibilité.


















